Les difficultés pour créer une entreprise en RDC

L’entrepreneuriat est considéré comme un des moteurs du développement économique et social d’un pays et d’une région. Particulièrement, dans les pays occidentaux en phase de désindustrialisation, les pouvoirs publics ont pris conscience qu’il était au moins aussi important de développer l’esprit d’entreprendre et stimuler la création de start-ups (et futures PME) que d’attirer ou maintenir chez eux des multinationales.

La création d’entreprises est en effet la condition du renouvellement de notre tissu économique et partant de là, de la création de nouveaux emplois. Il est de rappeler qu’avant de devenir des géants économiques mondiaux, Apple, Amazon ou Google ont démarré modestement.

Vu la corrélation désormais évidente entre entrepreneuriat et prospérité économique, il n’est dès lors pas étonnant que le sujet soit devenu une priorité pour les différentes politiques économiques. Particulièrement, avec l’adhésion de la RDC dans le système OHADA. Pour développer notre pays, la création d’entreprises innovantes est le meilleur rempart face aux défis de la mondialisation.

En République Démocratique du Congo, il n’existe pas encore des vraies structures spécifiques pour accompagner les créateurs d’entreprises. Même si la mise en place d’un Guichet Unique pilote de création d’entreprise facilite le processus de création d’entreprise en réduisant non seulement le délai, mais aussi le coût et les procédures, les structures d’accompagnement ne sont pas encore mieux établies. L’ANAPI (Agence Nationale pour la promotion de l’investissement) a tendance plutôt à s’occuper de l’investissement étranger en RDC. Il s’avère donc important de créer de structures privées ou publiques pour soutenir et accompagner les jeunes entreprises qui se créent afin d’assurer leur pérennité. La culture entrepreneuriale en Afrique, n’est certes pas comparable à celle des Etats-Unis (Sillicon Valley) ou de Singapore (où chaque starter reçoit automatiquement 50.000 dollars de capital de départ des autorités) mais on peut espérer que le ‘climat pour entreprendre’ devienne de plus en plus clément. Il y a encore beaucoup de choses à améliorer et à simplifier, au niveau administratif comme sur le plan fiscal.

Au niveau des mentalités, les choses évoluent difficilement. Selon les données du guichet unique, 1671 sociétés ont été créées en 2015 contre 6862 pour les indépendants en personne physique. En France, plus de 550.000 entreprises ont été créées en 2014, et en Belgique cela représente plus 38.963 entreprises en 2015. L’acte d’entreprendre en RDC a tendance malheureusement à être mal perçu socialement.

L’économie congolaise a donc plus besoin d’entrepreneurs pour assurer sa croissance, mais aussi des structures pour un accompagner ces jeunes entreprises à recevoir des aides, subsides et conseils pour une bonne croissance.