Remise et reprise à la BCC : La dédollarisation de l’économie congolaise, le cheval de bataille de Marie-France Malangu

Deux semaines après sa nomination, la nouvelle équipe managériale de la Banque Centrale du Congo (BCC), que chapeaute Marie-France Malangu Kabedi Mbuyi,  a pris effectivement  possession de ses fonctions. La cérémonie de remise et reprise s’est donc tenue lundi 19 juillet dernier au siège de la BCC. Au cours de cette cérémonie officielle, l’actuelle Gouverneure de la BCC et son prédécesseur ont lancé des messages forts. D’une part,  Marie-France Malangu n’a pas caché son ambition de  « dédollariser » l’économie congolaise et assurer la croissance économique. D’autre part,  Deogratias Mutombo Mwana Nyembo a insisté sur la nécessité de la poursuite des réformes structurelles au sein de la BCC.

La passation du pouvoir entre les deux personnalités a eu lieu en présence de l’actuel Ministre des Finances, Nicolas Kazadi. 

Dans son allocution, Deogratias Mutombo, le gouverneur sortant  de la BCC, a présenté la situation de la Banque Centrale du Congo comme celle qui est en perpétuelle transformation en vue d’assurer sa solidité et son autonomie financière.  « La BCC est en pleine mutation avec des réformes structurelles en quasi-permanence qui portent sur plusieurs domaines: gouvernance de la banque, cadre opérationnel, approfondissement du marché financier, différents cadres réglementaires régissant les établissements financiers, etc.  Il est important de poursuivre ces réformes pour obtenir une banque centrale financièrement solide, autonome, une BCC aux capacités organisationnelles qui soit à même de contribuer à la stabilité financière, au financement de l’économie pour l’émergence de notre pays », a expliqué Deogratias Mutombo, qui a pris le chemin de l’Autorité de Régulation des Assurances (ARCA) où il va occuper le poste de  président du Conseil d’administration sur base de la nomination du  Chef  de l’Etat congolais, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Le ministre des Finances a, quant à lui, rassuré la nouvelle équipe dirigeante du ferme accompagnement du Gouvernement qui reconnaît l’Indépendance de la Banque Centrale telle que mentionnée dans la Constitution du pays. 

Pour sa part, Marie-France Malangu Kabedi n’a pas manqué de remercier les agents et  cadres de la BCC. Puis, elle a souligné qu’elle compte réellement sur l’apport de tous pour réaliser les missions assignées à la BCC. « Je me ferai l’obligation de suivre ces directives et m’assurer qu’avec l’équipe dirigeante de la Banque et avec tous les services de la banque, nous assurer que la banque centrale va accomplir ses missions: contribuer à la stabilité de notre monnaie, contribuer aux actions du programme économique du gouvernement. C’est de cela qu’il s’agira pour l’équipe qui vient  d’entrer en fonction aujourd’hui », dixit Marie-France Malangu Kabedi, qui a sans ambages manifesté sa volonté de dédollariser et assurer la croissance de  l’économie congolaise.

A titre de rappel, Marie-France Malangu a été nommée, pour un mandat de 5 ans, Gouverneure de la BCC par ordonnance présidentielle datant du  5 juillet dernier.  Elle a auparavant mené une carrière de Fonctionnaire internationale auréolée d’une expérience de plus de 30 ans dans la finance internationale. Ancienne cadre du Fonds monétaire international (FMI), elle a également été au Burkina Faso en tant que cheffe de mission de cette institution monétaire internationale. Elle est donc  la première femme à occuper le poste de gouverneure de la BCC en République Démocratique du Congo.  Elle sera secondée par deux vice-gouverneurs, à savoir MM. Dieudonné Fikiri et William Pambu.

Quant  à la biographie de cette ancienne directrice du centre régional d’assistance technique du FMI pour l’Afrique de l’Ouest, le site d’informations Alternance.cd renseigne qu’elle est mariée et mère de deux enfants. En outre,  Malangu Kabedi est une  polyglotte, parlant couramment l’anglais et le français, avec un niveau de connaissance fonctionnelle de l’espagnol et du portugais. Toutefois, «elle (NDLR Malangu Kabedi-Mbuyi) n’a en réalité pas grand-chose de la culture congolaise en dehors de ses origines », écrit sur son site Alternance.cd.

Fabrice Amisi