Phénomène « BWAKISA CARTE » à Kinshasa: avantage et risques

Dans la plupart des cas, cette activité s’effectue auprès des boutiquiers. C’est une sorte d’épargne informelle que font certains individus; elle consiste à verser une somme d’argent déterminée auprès des boutiquiers ou vendeurs des crédits téléphoniques considérés dans ce cas comme des gestionnaires de comptes. Ici, le client a un carnet dans lequel il y a 31 cases réservées aux signatures pour chaque dépôt. Ce carnet sert de preuve de versement. En réalité, avoir l’idée de s’engager à une telle activité, n’est pas mauvaise; mais il faudrait toujours se poser la question relative à la sécurité de l’argent car ici il ne s’agit pas d’une banque au sens formel et légal.

La notion de l’économie financière relève d’une importance très capitale dans la vie de tout humain. Epargner dans « Bwakisa Carte” est avantageux au moment où l’on retire son argent afin de réaliser ce que l’on a comme projet. Mais le risque réside au niveau de tout événement fâcheux qui peut arriver ; notamment la fermeture de la boutique, le vol, etc.
D’habitude, les boutiquiers peuvent se volatiliser à tout moment, car les gens qui se confient à eux le font sans garde-fous. Ils ne connaissent généralement ni leurs demeures, ni rien d’eux sauf les boutiques. En pratique, les individus ne signent aucun contrat avec eux; la boutique peut fermer à tout moment sans que les clients ne soient informés et en ce moment-là ils tombent victimes comme des ignorants ou à cause de leur naïveté.

Chers lecteurs, il est sage pour vous d’ouvrir l’œil! Un incendie peut se déclarer dans ce petit établissement privé où vous gardez l’argent; une inondation ou toute autre catastrophe naturelle peut survenir ; vous pourriez, par conséquent, perdre rapidement tout votre argent sans forcément être couvert par une assurance.
« Avec ce système d’épargne, les risques sont trop élevés, voire à 90%. C’est la même chose que lorsque quelqu’un garde son argent à la maison. Dans tous les cas, la sécurité n’est pas garantie. Mais la banque, non seulement, sécurise votre argent; elle le fructifie aussi. Votre épargne régénère les intérêts, mais c’est le contraire de la pratique chez les boutiquiers. Quand la banque utilise ton argent, elle te paie aussi un % malgré qu’il soit faible. Du moins, ça en vaut la peine. Le boutiquier, par contre, ne fait que garder vos économies et c’est tout », dixit Ardy Matapisi, financier congolais.

En gros, il est fort souhaitable de mettre son argent en banque pour être à l’abri de tout risque avec le système d’épargne informelle. De nos jours, les réseaux de télécommunication actifs en RDC ont mis à la disposition de leurs abonnés des systèmes de microfinancement via téléphone mobile, à savoir: M-Pesa de la société Vodacom ou Orange Money d’Orange.

Kevin Tamusele