Malangu Kabedi Mbuyi : la dame qui préside désormais aux destinées de la Banque Centrale du Congo

« Le Chef de l’Etat a porté son choix sur Madame Malangu Kabedi Mbuyi pour diriger la Banque Centrale du  Congo. Une femme exceptionnelle. Elle est auteure et ancienne cheffe de mission du Fonds Monétaire International au Cap-Vert et au Burkina Faso. Cette nomination témoigne de la vision genrée du Chef de l’Etat d’accorder  plus de places aux femmes à des postes de responsabilité », publiait sur sa page officielle Facebook le ministre de la Communication et des Médias,  Patrick Muyaya Katembwe, dans la soirée du mardi 05 juillet 2021 pour annoncer, dans le même ordre d’idées que l’ordonnance présidentielle lue à la RTNC,  la nomination de la toute première femme à devenir gouverneure de la BCC, justement après le passage de 12  hommes, qui remplace en effet  Déogratias Mutombo Mwana Nyembo (en poste depuis 2013) muté à l’Agence de Régulation Congolaise des Assurances (ARCA) en tant que président du conseil d’administration.

Oui, c’est donc une nouvelle page de l’histoire de la Banque Centrale du Congo (BCC) qui s’écrit avec à la clé cette nomination  de Marie-France  Malangu Kabedi Mbuyi à sa tête. Toutefois, la BCC n’est pas étrangère à sa nouvelle gouverneure car, selon Top Congo FM, Malangu Kabedi Mbuyi y a, vers la fin des années 90, travaillé durant deux années avant d’entamer sa brillante carrière de fonctionnaire internationale.   

Agée de 63 ans, Marie-France  Malangu Kabedi Mbuyi est certes inconnue du grand public congolais. Et pourtant, elle est une fonctionnaire internationale dont le parcours est auréolé d’une expérience de plus de 30 ans dans la finance internationale. En effet, la nouvelle gouverneure de la BCC a presté pendant 32 ans au sein du  FMI où elle a occupé notamment les fonctions de représentant résident au Bénin et au Cameroun, selon le Gouvernement congolais. En 2009, elle fut la cheffe de mission du Fonds monétaire international (FMI), au Burkina Faso, pour mener la cinquième revue du programme économique et financier des autorités burkinabées au titre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC).

Dans sa gestion managériale,  la gouverneure Marie-France Malangu  sera secondée par deux vice-gouverneurs, notamment le sénateur Dieudonné Fikiri Alimasi et William Phambu, ancien DG intérimaire de la Régie des Voies Aériennes (RVA). En outre, Alain Kahasha Ntumbwa, Andre Wameso Nkwaloloki, Thomas Batetele, Prince Leta Katumba, Elongo Isemoli, Éliane Munkeni, Georges Tshilenge et Jean Nsele Ilema ont été nommés administrateurs de la BCC.

Parmi les défis à relever, la nouvelle équipe dirigeante de la BCC aura entre autres à restaurer l’autonomie de cette institution chargée du maintien de la stabilité monétaire de la RDC. Pour votre gouverne, la RDC a conclu fin mai un accord préliminaire pour un programme économique triennal avec le FMI afin de bénéficier d’un financement d’1,5 milliard de dollars. Ainsi,  Malangu Kabedi va rapidement intégrer l’équipe des négociateurs dont le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, fait partie car il faudra encore négocier avec le FMI afin de matérialiser ce prêt.

En définitive, le plus important à retenir pour les Congolais est que pour la première fois de son histoire, la BCC, créée depuis le 30 juillet 1951, sera dirigée par une brillante femme, une Congolaise qui a fait ses preuves dans la finance internationale. A ses compatriotes de garder espoir tout en croyant qu’elle sera à la hauteur des attentes placées sur sa personne et son savoir-faire. Cette nomination de Marie-France  Malangu Kabedi à la tête de la BCC confirme une fois de plus la volonté du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi  de voir les femmes congolaises émerger et occuper des postes à grandes responsabilités au pays. Récemment, le Président congolais n’a pas caché son souhait de voir une femme prendre démocratiquement (par la voie des élections, bien sûr !) les rênes du pays à la fin de son règne!  

Fabrice Amisi