Littérature/RDC : LAESH, la start-up congolaise qui pérennise et commercialise les livres

Dans le souci de pérenniser la littérature en RDC, Christian Gombo et Joëlle Mashi, deux jeunes écrivains et collectionneurs des livres montent en décembre 2020 une entreprise, de type SARL,  spécialisée dans la vente des bouquins des auteurs congolais et étrangers. Ils décident alors de le dénommer  LAESH (L=Lire est un A= Aliment pour ES= l’Esprit, Humain). Depuis sa création jusqu’à ce jour, cette start-up travaille dans l’optique d’étendre son influence sur tout le pays afin de raviver la flamme de la lecture auprès de la population congolaise qui doit apprendre à se familiariser avec sa propre culture littéraire ; sans toutefois tourner le dos à celle venant ou venue d’ailleurs.    

Au départ, Christian Gombo se définit comme un passionné de la littérature. « Les conditions dans lesquelles je vivais m’ont permis de m’intéresser fortement aux livres. J’avais un père qui était un amoureux des livres. Etant enfant, je n’avais pas souvent le droit de sortir. Alors je me suis habitué à côtoyer les livres, à les lire. Ainsi, j’ai développé une culture assez poussée. Il m’arrivait même de lire des  livres qui n’étaient pas destinés ou recommandés pour mon âge. Par exemple, je lisais des livres philosophiques ou scientifiques. (…)  Quand j’ai commencé à étudier la philosophie aux humanités, j’étais carrément en avance par rapport à mes condisciples puisqu’enfant je lisais déjà des syllabus des universités, des thèses… C’est cette exposition aux livres tout jeune qui m’a donné cette envie d’écrire et de m’éprendre de la littérature. Tout petit, tout le monde m’appelait poète parce que j’avais toujours l’habitude de griffonner, écrire par-ci par-là et même pour les autres », raconte-t’il passionnément. Et c’est cette passion livresque qui l’a poussé à réfléchir ensemble avec Joëlle Mashi à mettre en place une structure pour que les livres congolais, tout comme ceux venant de l’extérieur du pays, ne se perdent plus. « En même temps, nous nous sommes décidés du fait que nous devons rentabiliser le secteur littéraire congolais comme tel est le cas ailleurs où il existe des sociétés commerciales spécialisées en la vente des livres. Dès le départ, nous nous sommes assignés la mission de commercialiser les ouvrages des Congolais et des auteurs d’autres nationalités étant à notre disposition », explique Christian Gombo. A cet effet, ils se mettent aussi  à collectionner des ouvrages étant à la fois vieux et rares. Ce choix n’est pas anodin puisque  plusieurs amoureux de la littérature, touchés par un brin de nostalgie, les leur demandaient si souvent.

Pour commercialiser leurs marchandises, comprenez par-là qu’il s’agit des livres, les cadres de LAESH ont  adopté trois stratégies marketings, à savoir la vente couplée, la vente relais et la vente à crédit. La  première stratégie consiste à associer les livres des écrivains congolais à n’importe quel autre produit ou service commercial disponible. « Cela sous-entend qu’il y a des négociations qui s’effectuent en amont entre nous et ces entreprises. Ainsi, il est possible qu’un client, qui a acheté un sac de riz ou de fufu, puisse repartir avec un livre en même temps que la marchandise qu’il a acquise à prix d’argent », précise-t-il.  Quant à la vente relais, LAESH  se dispose à vendre des  biens et services d’autres entreprises. Et quand lesdites entreprises rétrocèdent à la start-up ses commissions, elle s’en sert pour s’acheter ses propres livres qu’elle vend afin de les offrir à ces mêmes sociétés, partenaires en affaires, qui, à leur tour, vont les distribuer à leurs employés ou clients.  La vente à crédit, étant alors la troisième et dernière stratégie marketing de LAESH, est une véritable opération séduction étant donné que l’on met le lecteur dans une situation où il n’a plus d’autre choix que celui de s’approprier le livre. «  Pour ce faire, nous imprimons d’abord des catalogues des livres qui seront ensuite visionnés par des potentiels acheteurs. Dans un premier temps, nous leur donnons des livres et  l’achat intervient enfin selon un mode de paiement échelonné, c’est-à-dire que les acquéreurs des bouquins vont nous payer  petit à petit », clarifie Christian Gombo.

Si à ses débuts, LAESH disposait d’une valeur marchande livresque à la hauteur de  300 $, cette  jeune pousse (start-up) possède actuellement des livres évalués à plus de 5.000 $! Indice d’une très bonne progression six mois seulement après son lancement. Sur le plan comptable, LAESH met présentement en vente plus de 1.500 livres. 

Sur le plan administratif, Christian Gombo explique que la structure LAESH  n’est pas actuellement prête à recruter un personnel dans toutes ses dimensions étant donné que ses actionnaires se donnent encore le temps d’évaluer le rendement des premiers investissements. En d’autres termes, LAESH est encore un bébé, alors un môme très ambitieux qui, pour le moment, apprend à ramper et marcher. 

Déterminé à agir afin d’étendre l’influence de LAESH sur toute la RDC, Christian Gombo lance un vibrant appel aux Congolais passionnés de la littérature pour soutenir cette entreprise afin de booster son aura. Ainsi, il leur recommande de suivre l’actualité et les activités de la start-up sur ses comptes Instagram,  Facebook et Twitter  « Laesh RDC», visiter son site internet www.laesh.com   ou alors contacter son administration via laeshrd@gmail.com. Avec le soutien de tous, Christian Gombo croit dur comme fer que le slogan « LAESH, vendeur de vies, livreur de vies » impactera concrètement le quotidien des passionnés de la littérature pour qui la lecture constitue véritablement un aliment pour l’esprit humain! 

Fabrice Amisi