Le Gouvernement réexamine les contrats miniers signés avec des entreprises chinoises

Les experts du Gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) sont en plein réexamen du gigantesque contrat « minerais contre infrastructures » conclu en 2017 entre la RDC et les entreprises chinoises Sinohydro Corp et China Railway Group, selon des sources internes du Gouvernement congolais, a annoncé le média en ligne Zoom Eco dans l’une de ses récentes publications. D’après le média précité, cette initiative s’inscrit dans le cadre de réajustement de tous les contrats miniers au pays, tel qu’annoncé en mai dernier par le Président Félix Tshisekedi.

Pour le Ministre des Finances, Nicolas Kazadi, l’objectif de ce réexamen est de s’assurer que le partenariat est « équitable » et « efficace ».

« Nous avons vu qu’il y avait quelques problèmes de gouvernance dans le passé […]. Nous avons besoin de plus de clarté sur le contrat et le type de financement qui est derrière », a-t-il déclaré dans une interview accordée à un média étranger.

Sur le plan comptable, les chiffres de ce contrat faisant l’objet dudit réexamen s’élèvent à la hauteur de 6 milliards de dollars américains au total.

Et Zoom Eco rappelle que cet accord minier prévoit la construction de différentes infrastructures (écoles, routes et hôpitaux) pour un coût de 3 milliards USD, en échange de l’exploitation d’immenses réserves de cuivre et de cobalt dans la région du Katanga, grâce à un investissement de 3 milliards USD. Ainsi, une coentreprise a été créée, la Sino-Congolaise des Mines (Sicomines) en vue de mieux exécuter le projet de ce contrat minier.

Dans cette coentreprise, la Gécamines (compagnie minière nationale de la RDC) détient 32 % de parts contre 68 % pour les sociétés chinoises citées ci-haut, ce qui est déséquilibrant pour le pays, opinent certains observateurs.

Le média précité souligne que selon certains experts, la détermination du Président Tshisekedi « s’explique aussi bien par une volonté de mieux tirer profit des ressources minières congolaises que par la situation actuelle sur le marché des matières premières ».

Et selon le point de vue d’autres spécialistes, le Gouvernement congolais se trouverait, en ce moment, en position de force pour négocier avec les investisseurs étant donné le cuivre et le cobalt, deux matières premières pour lesquelles la RDC est l’un des grands fournisseurs au monde, font l’objet d’importantes demandes en raison de leur rôle dans la transition énergétique. 

Pour rappel, « l’Ambassadeur de la République populaire de Chine en République Démocratique du Congo (RDC), Zhu Jing, a récemment sollicité auprès de la Ministre congolaise des Mines, N’samba Kalambayi, que soit dressée la liste des entreprises minières privées des sujets chinois œuvrant en RDC en vue de les sensibiliser davantage sur le respect des lois et règlements du secteur minier en vigueur en RDC », a souligné Zoom Eco.

Zhu Jing l’a indiqué au sortir des échanges lui accordés par la Ministre congolaise des Mines dans le cadre du renforcement de la coopération sino-congolaise en la matière.

« J’ai réitéré, auprès de la Ministre des Mines, la position constante du Gouvernement chinois qui demande et exige même à toutes les sociétés chinoises qui sont en activité sur le territoire congolais de se conformer aux lois et règlements congolais », a-t-il affirmé, selon une publication de Zoom Eco.

Ainsi, à l’issue de cette rencontre, le diplomate chinois a déclaré que cette coopération s’inscrit dans le cadre du partenariat gagnant-gagnant ; visant notamment à renforcer davantage les relations de coopération entre les deux pays.

Ce partenariat, a-t-il ajouté, rentre également dans l’optique de contribuer à l’industrialisation, à l’économie et au bien-être des populations de la RDC, qui vient à peine de se doter d’un Plan Directeur d’Industrialisation (PDI).

« La coopération entre la Chine et la RDC dans le secteur minier est très importante parce qu’elle est le pilier du partenariat stratégique sino-congolais. Mais aussi, c’est le secteur minier qui revêt un caractère gagnant-gagnant de la relation bilatérale », a communiqué à la presse le diplomate chinois.

En outre, Zhu Jing a précisé que la position de son Gouvernement est claire par rapport aux investisseurs chinois qui sont plongés dans l’exploitation illicite des minerais en RDC. Ces derniers, a-t-il souligné, doivent « se conformer aux lois qui régissent le secteur minier congolais »

Fabrice Amisi