La RDC se dote d’un « Plan directeur d’industrialisation » à 58 milliards USD avec l’objectif atteindre l’émergence d’ici 2040

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a rendu public son « Plan directeur d’industrialisation à l’horizon 2040, d’un coût de 58 milliards de dollars. Ce vaste projet prévoit la construction des infrastructures, notamment d’ordre routier,  devant relier différentes régions de ce géant d’Afrique centrale. Ainsi, le Ministre de l’Industrie, Julien Paluku a officiellement présenté ce Plan directeur d’industrialisation au cours d’une cérémonie organisée jeudi 26 août à Kinshasa. Au cours de ces assises, il a également donné le schéma directeur d’industrialisation du pays tenant compte notamment, de la redynamisation des industries disparues depuis des décennies.

Ledit plan, présenté officiellement aux membres du gouvernement, aux élus, diplomates, opérateurs économiques congolais et étrangers ainsi qu’aux universitaires et la presse, vise à atteindre « l’objectif de l’émergence de la RDC d’ici 2030-2040 », a  fixé l’opinion Julien Paluku, Ministre congolais de l’Industrie, sur le bien-fondé de ce programme gouvernemental.

En effet, ce grand projet se focalise sur un verbe à connotation pragmatique : « réindustrialiser ». Il est donc question de réindustrialiser la RDC, « qui ne compte plus que 507 entités industrielles recensées, contre 9.600 unités de production industrielles dans différents secteurs héritées du colonisateur belge en 1960 lors de l’accession du pays à l’indépendance », déplore  le Ministre en charge de l’Industrie.

Pour mener à bon port cette politique publique, le gouvernement a dressé un plan sous forme de trois étapes :

 « La nouvelle trajectoire industrielle du pays partira d’une première étape, celle d’un effort de redynamisation des industries existantes et d’une renaissance de celles qui ont disparu ainsi que de la construction des parcs agro-industriels. Ensuite, interviendra un processus de modernisation des industries par un programme d’attraction de nouveaux capitaux et de nouvelles unités dans le secteur pour déboucher sur la construction des parcs industriels. C’est la deuxième étape. Cette étape changera la structure de l’économie par une diversification effective, un élargissement du tissu industriel, une modernisation de la production et une valorisation du capital humain. Enfin, dans une troisième étape, des efforts seront déployés pour créer un environnement devant soutenir l’accroissement de la productivité à travers la construction des parcs scientifiques et technologiques », a  expliqué Julien Paluku, Ministre de l’industrie.

Pour  permettre de « libérer le potentiel de croissance et de transformation industrielle du pays », le plan subdivise la RDC en six zones industrielles : Zone Ouest (Kinshasa, Kongo Central et ex-Bandundu), Zone Sud (ex-Katanga), Zone centre (ex-Kasaï), Zone Est (ex-Grand Kivu), Zone Nord-Est (ex-Province orientale) et Zone Nord-Ouest (ex-Equateur), n’ont plus d’usines qui ont, pour la plupart, fonctionné jusqu’au départ des colons.

Ainsi, ces six piliers du développement de la RDC seront transformés à l’échéance 2040 « en hubs d’exportation vers les pays voisins », dans la perspective de l’effectivité de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), des avantages de l’AGOA (Loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique) et des ouvertures du marché chinois aux pays africains.

La réussite de ce programme gouvernemental passe entre autres par la disponibilisation des ressources faisant objet de budget: « Il faut 58,3 milliards de dollars pour la construction d’infrastructures routières (21 milliards de dollars), ferroviaires (9 milliards de dollars), énergétiques (22 milliards de dollars) et aéroportuaires et portuaires (6,3 milliards de dollars), a estimé » Julien Paluku.

« Ce paquet d’infrastructures de transport et de communications (aéroportuaires, ferroviaires, fluviales, lacustres, maritimes, routières et énergétiques) doublé de la densification des Zones Économiques Spéciales, est évalué à 58,3 milliards de dollars américains. Ce qui sous-entend un Plan Quinquennal des Transports qui devrait soutenir durablement le Plan Directeur d’Industrialisation. La mise en œuvre du PDI est certes une tâche ardue, mais noble et salutaire pour la survie de la RDC comme nation, car le Pays est au bas de l’échelle des pays en développement en dépit de ses énormes potentialités et nous ne pouvons plus nous permettre de garder cette position », a indiqué M. Paluku devant de nombreux invités au nombre desquels des diplomates et membres du gouvernement

De  ce fait, l’Etat congolais projette de collaborer avec des partenaires privés en vue de récolter des résultats escomptés concernant ledit projet.  « Le pays doit mobiliser  ces fonds auprès des partenaires lors d’une « conférence des investisseurs » que le gouvernement compte organiser dans les jours à venir », annonce Zoom Eco.

En outre, Actualité.cd signale que l’approbation du PDI au Conseil des ministres en juillet dernier, Julien Paluku avait estimé à plus de 2,5 milliards USD le montant que le pays économiserait sur sa facture annuelle d’importations grâce à ce projet d’industrialisation. La projection faite de 60% d’économie sur la facture, près de 6,5 milliards USD pourraient être économisés chaque exercice d’ici 2030, a dit le ministre de l’industrie.

« L’objectif ultime est de réduire de 60% à l’horizon 2030, la facture des importations évaluée à près de 6,5 milliards de dollars américains par an. D’autres pays qui, en 1960, étaient au même niveau que la République  Démocratique du Congo ou même en deçà l’ont fait. A ce jour, ils comptent parmi les pays émergents. », a-t-il déclaré en s’appuyant sur l’exemple de certains pays d’Asie. « C’est le cas de quatre dragons asiatiques, à savoir : la Corée du Sud, le Hong Kong, le Taiwan et le Singapour. C’est aussi le cas des pays appelés Tigres asiatiques, à savoir : la Malaisie, l’Indonésie, la Thaïlande et les Philippines. Eux qui n’ont pourtant pas autant de ressources naturelles et de richesses comme la République Démocratique du Congo, se sont lancés dans de vastes programmes de révolution industrielle. Ils ont développé une industrie de substitution aux importations, ensuite, ils ont investi dans une industrie légère destinée à l’exportation et dont les gains en devises leur ont permis d’investir dans l’industrie lourde », conclut Julien Paluku.

Fabrice Amisi