Historique de l’exploitation forestière en RDC

L’exploitation forestière est l’ensemble des opérations et activités d’abattage, tronçonnage et transport de bois jusqu'{ un dépôt plus ou moins provisoire ou à la porte de l’usine, qu’il s’agisse de bois d’oeuvre ou de chauffage ou tout autre produit forestier (Metro, 1974 cité par LOKOMBE, 2010). Le Ministère de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme (MECNT, 2002), considère l’exploitation forestière comme une activité consistant notamment dans l’abattage, le façonnage et le transport du bois ou de tout autre produit ligneux, ainsi que le prélèvement dans un but économique des autres produits forestiers. Elle s’étend, non seulement de la coupe ou de la récolte des produits forestiers, mais aussi de l’utilisation de la forêt à des fins touristiques et récréatives (MECNT, 2002).

L’exploitation forestière remonte très loin dans l’histoire puisque le bois est utilisé dans la construction des maisons depuis des millénaires, bien que le caractère industriel soit encore récent. Au Congo, LOKOMBE (2010) rapporte qu’elle est passée par plusieurs étapes :

· De 1895 à 1930 : durant cette période, l’Etat Indépendant du Congo (E.I.C.) avait procédé aux essaies d’exploitation des essences dans la zone de Lukala et Tshela (forêts de Mayumbe) en vue de leur commercialisation.

· De 1930 à 1949 : cette période était marquée par l’implantation des premières sociétés forestières (AGRIFOR, dans le Bas Congo et FORESCOM, dans le Bandundu) vers las années 1930. L’accroissement de la demande des produits miniers et agricoles durant la seconde guerre mondiale avait donné impulsion à l’exploitation du secteur forestier.

· De 1949 à 1960 : prenait naissance, en début de cette période, le décret du 11 avril 1949 sur le régime forestier au Congo qui stimula le développement de l’exploitation forestière. Celle-ci se développa alors au rythme accru et l’on enregistra une production du bois plus élevée.

· De 1960 a 1965 : après l’indépendance, les forêts étaient soumises à une exploitation intense et désordonnée. L’exploitation intensive des forêts de Mayumbe se poursuivra à tel enseigne que les peuplements riches de Limba (Terminalia superba) sont alors en voie d’épuisement.

· De 1965 a 1990 : à partir de l’année 1965, le secteur forestier est marqué par l’intervention du conseil exécutif. Il eut plusieurs mesures dont :

– loi Bakajika ;

– reforme monétaire du 24 juin 1967 ;

– ordonnance portant Code des investissements en 1969 ;

– zaïrianisation en 1973 ;

– radicalisation en 1974 ;

– arrêté portant réglementation sur l’exploitation des grumes en 1975 ; – rétrocession en 1976 ;

– privatisation en 1981 ;

– libéralisation économique en 1982 par l’abandon de l’interventionnisme excessif de l’Etat en matière des prix ;

– reforme monétaire du 09 septembre 1983. La parité de la monnaie Zaïre devint flottante ;

– mercuriale de bois en 1987, fixa le prix minimum des grumes, bois sciés et placages { l’exportation.

· De 1990 a nos jours : après le discours historique du 24 avril 1990 par lequel le Président MOBUTU libera le régime politique en ouvrant au multipartisme, la conférence nationale souveraine avait tenu ses assises du 07 avril 1992 au 06 décembre 1993. Conformément aux déclarations de politique générale présentées, la commission des ressources naturelles fit beaucoup des résolutions pour redynamiser ce secteur. Mais, par suite de l’absence d’un gouvernement responsable, aucune résolution ne fût appliquée. Les différentes guerres de libération de 1996 et de 1998 vinrent compliquer la situation. En Août 2002, la RDC s’est dotée de la loi No O11/2002 portant Code Forestier régissant ainsi l’exploitation forestière.

La RDC dispose d’un potentiel forestier énorme et incomparable au coeur du continent africain qui, malheureusement, ne connait qu’une mise en valeur très timide.