Climat des affaires en RDC : Le Gouvernement à l’œuvre pour dynamiser l’entreprenariat et le partenariat public-privé

Selon Actualité.cd, le Gouvernement congolais vient d’adopter les projets de décrets fixant les statuts de deux établissements publics : le premier concerne l’Agence Nationale pour le Développement de l’Entrepreneuriat au Congo (ANADEC). Et le second porte sur les statuts d’un établissement public dénommé Agence pour la Promotion des Classes Moyennes Congolaises (APROCM). En même temps, l’équipe gouvernementale a aussi validé le projet de Décret portant création, organisation et fonctionnement d’un Établissement Public dénommé Unité de Coordination de Partenariat Public-Privé (UC-PPP). Ce qui présage la volonté des Warriors d’apporter du sang neuf dans les secteurs entrepreneurial et du partenariat public-privé du pays. 

D’après Actualité.cd, c’est le Ministre d’État, Ministre de l’Entrepreneuriat et des Petites et Moyennes Entreprises, Eustache Muhanzi, qui a présenté lesdits dossiers au cours du conseil des Ministres tenu vendredi 27 août dernier. 

Selon l’intéressé, ces deux projets ne valent nullement la création de nouveaux services mais leur avènement poursuit l’objectif de  réformer respectivement deux structures existantes, à savoir l’Office de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises (OPEC) et le Programme d’Appui au Secteur Privé (PASP), afin d’arrimer leurs attributions statutaires actuelles sur la nouvelle vision du Gouvernement contenue dans le Programme National de Développement de l’Entrepreneuriat au Congo (PRONADEC) adopté en Conseil des Ministres le 5 juin 2021.

Selon les explications du Ministre, la transformation de l’OPEC en ANADEC est une réforme qui vise à élargir le champ d’action de cette structure afin de lui permettre de prendre en charge l’ensemble du processus entrepreneurial.

« Elle (NDLR la transformation de l’OPEC en ANADEC)  garantit également des ressources propres et pérennes pour la mise en œuvre de sa politique sans créer une quelconque charge supplémentaire pour l’Etat », renchérit-il.

« Quant à l’Agence pour la Promotion des Classes Moyennes Congolaises (ANADEC), née du Programme d’Appui au Secteur Privé (PASP), la réforme viendrait renforcer son autonomie financière notamment par l’allocation budgétaire à concéder par l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP) sur son prélèvement qui grève les marchés de sous-traitance », note Actualité.cd.

En effet, ses attributions consistent à mener des études appropriées et d’élaborer des statistiques devant notamment servir de soubassement à la définition de la politique de promotion des classes moyennes congolaises.

En outre, le Gouvernement a aussi adopté le même jour le projet de Décret portant création, organisation et fonctionnement d’un Établissement Public dénommé Unité de Coordination de Partenariat Public-Privé (UC-PPP). Il s’agit d’un organe technique du Gouvernement chargé de conseil, de coordination des activités et d’encadrement de la conclusion des contrats de Partenariat Public- Privé.

D’après la position du Gouvernement, cet établissement a pour mission d’appliquer la politique nationale et d’en élaborer le programme d’activités. Il sera également chargé de promouvoir le Partenariat Public-Privé ainsi que de constituer une base de données des projets de Partenariat Public-Privé éligibles.

Sur le plan systémique ou constitutif, ce projet de Décret prévoit trois organes statutaires dont le Conseil d’Administration, la Direction Générale et le Collège des Commissaires aux comptes.

 La création de ce nouvel établissement intervient cependant au moment où le Premier Ministre a fait la promesse de réduire le train de vie des institutions de la République, commente le média précité. 

 Sur terrain, cette résolution de Sama Lukonde ne laisse pas indifférente la société civile congolaise. Selon Actualité.cd, l’Observatoire de la Dépense publique (ODEP) insiste sur le fait que cette proposition ne doit pas se limiter à une simple baisse des salaires des membres du gouvernement.  

A en croire le directeur de cette ONG, Florimont Muteba, si cette proposition ne se limitait qu’au Gouvernement, on ne pourrait pas parvenir aux résultats escomptés. Il soutient que cette proposition doit concerner toutes les institutions reconnues surtout comme budgétivores.

« Je ne suis pas d’accord avec le Premier Ministre lorsqu’il limite la réduction du train de vie de l’Etat au Gouvernement. Et encore, si ce n’est que pour diminuer le salaire des Ministres, c’est insuffisant. On n’a pas besoin d’avoir 55 ministres et, pour nous faire voir qu’il y a effectivement la volonté, il faut réduire le nombre de Ministres à 30 par exemple, diminuer également leurs salaires, les frais de fonctionnement, la taille des cabinets etc. La deuxième chose, cette proposition doit concerner toutes les institutions budgétivores que nous connaissons et pas que le Gouvernement. En premier, la présidence de la République, qui a un nombre énorme d’agents dont nous ne voyons pas d’utilité. Déjà là, il faut réduire le nombre du personnel à la présidence, et diminuer également leurs avantages. Même chose pour le Sénat et l’Assemblée nationale », a déclaré à Actualité.cd, Florimont Muteba, directeur de l’ODEP. 

Et d’ajouter :

« La présidence de la République, c’est une institution budgétivore. On ne voit pas pourquoi la présidence de la République aurait-il son propre programme de lutte contre la pauvreté, ça n’a pas de sens. Il y a un Gouvernement et des ministères qui sont chargés de faire ce travail (…). Il y a aussi certaines institutions qui ont été créées autour de la présidence qui doivent être supprimées comme l’APLC, et d’autres dont nous ne voyons aucun impact (…) ».

De ce fait, Florimont Muteba propose que l’argent qui sera dégagé après cette opération soit notamment affecté dans la lutte contre la Covid-19. A ce propos, il fait notamment remarquer qu’en RDC, la lutte contre cette pandémie est assurée à plus 90% par la communauté internationale, ce que l’interviewé qualifie « d’irresponsabilité » de la part du Gouvernement.

« Vous savez que le programme d’urgence de lutte contre la Covid-19 va coûter 2.600.000.000 USD. Vous savez quelle est la contribution de la RDC ? 14 millions de dollars c’est-à-dire 0,5%. Est-ce qu’on peut vraiment laisser comme ça notre santé avec la lutte contre cette maladie entre les mains de la communauté internationale à un niveau de 99,5% ?, ce n’est pas possible. C’est de l’irresponsabilité. Donc on a vraiment besoin de couper dans toutes ces dépenses inutiles pour mobiliser les moyens pour lutter contre la Covid-19 et pour mettre l’argent dans l’investissement », a-t-il conclu.

Pour Jean Claude Mputu,  Politologue et porte-parole de la « Campagne le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV), réduire les charges de l’État passe aussi par la rationalisation des différentes institutions notamment en évitant des doublons et des personnels de cabinets pléthoriques. « Des institutions comme le CNSA n’a aucune raison d’être, les centaines de conseillers à la présidence qui ne servent pas à grand-chose, les nombreuses Agences créées alors qu’il existe déjà des institutions publiques ayant les mêmes objectifs … Bref, il faut une réflexion en profondeur sur la manière d’organiser nos services publics », argumente-t-il.

De son côté, l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) tient sa formule qui pourra faire de la baisse du train de vie des institutions de l’Etat une réussite palpable. Cette ONG préconise qu’il faut absolument réduire le personnel de l’Etat et harmoniser la rémunération avec les avantages pour tous les agents.

« Il y a deux choses concrètes qui doivent être réalisées et que nous attendons du Gouvernement. Premièrement, c’est la diminution du personnel, en commençant par la présidence, au niveau de tous les ministères sans oublier les entreprises et établissements publics. Il faut absolument diminuer le nombre de personnels, qui est pléthorique. Deuxième chose, qu’on puisse, une fois pour toute, définir la base rémunératoire c’est-à-dire qu’on harmonise la rémunération avec les avantages pour tous les personnels, tous les agents publics de l’Etat en commençant par  la présidence jusqu’au dernier agent et que cela soit publié au Journal Officiel », a déclaré, à Actualité.cd, Maître Georges Kapiamba, coordonnateur de l’ONG ACAJ.

Fabrice Amisi